La réserve Naturelle

des étangs de Mépieu

Sommaire :

I. Présentation générale du site

    1. Localisation

    2. Statut actuel et limites du site

    3. Par qui et pourquoi la création d'une RNV sur ce site ?

    4. Paysage

    5. Régime foncier

II. Environnement et patrimoine de la réserve

    1. Critère qualificatifs d'évaluation du site

    2. Unités écologiques

    3. Espèces de faune et flore

    4. Environnement socio-économique

III. Objectifs à long terme

    1. Objectifs à long terme relatifs à la conservation du patrimoine naturel

    2. Objectifs à long terme relatifs à la recherche

    3. Objectifs à long terme relatifs à l'accueil du public

 

Présentation Générale du site

? Localisation

 La Réserve Naturelle des Etangs de Mépieu  est située sur la commune de Creys-Mépieu, dans le district biogéographique de « l’Isle Crémieu » en Isère. Selon Philippe LEBRETON - Atlas ornithologique Rhône-Alpes -CORA- 1977 : « L’appellation Isle Crémieu désigne un petit plateau triangulaire équilatéral, limité au nord-est et au nord-ouest par le Rhône, au sud par un ensemble de petites dépressions marécageuses. » 

 Carte n° 1 : Localisation de  la RNV de Mépieu.

 

      ?  Statut actuel et limites du site :

Le site est classé en Réserve Naturelle Volontaire par arrêté préfectoral (en date du 15 novembre 2001).

La Réserve Naturelle Volontaire des Etangs de Mépieu est incluse dans la Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique (Z.N.I.E.F.F) de type 1 numéro 3830-2407.

La Réserve est comprise dans le site d’intérêt communautaire « étangs, coteaux secs et grottes de l’Isle Crémieu » qui a été proposé par la France à l’Europe pour être intégré dans le futur réseau Natura 2000, au titre de la directive 92/43 (dite « Directive Habitats »). Le document d’objectifs de ce site d’intérêt communautaire est en cours de rédaction par l’Agence pour la Valorisation des Espaces Naturels Isérois Remarquables (AVENIR).

Carte n° 2 : Limites des différentes zones classées en Z.N.I.E.F.F de type 1

 

        ? Par qui et pourquoi la création d’une RNV sur se site ?

 La zone des « Etangs de Mépieu » est connue de longue date des amateurs de nature (première mention, en 1860,  de la Châtaigne d’eau Trapa natans, plante remarquable pour le département, toujours présente). Les suivis naturalistes assurés depuis la fin des années 1960 par les associations de connaissance et de protection de la nature (Société Linnéenne de Lyon, Fédération Rhône Alpes de Protection de la Nature, Centre Ornithologique Rhône Alpes, Groupe de Recherche et de Protection des Libellules Sympetrum, Société botanique Gentiana, Association Nature Nord Isère Lo Parvi) en ont montré l’intérêt patrimonial. Les milieux composant le site des « Etangs de Mépieu » ont presque toujours profité des actions de l’homme (entretien, pâturage, gestion de l’eau, etc), toutefois, certaines activités (pêche, agriculture) ont rapidement porté atteinte à des milieux et des espèces particulièrement vulnérables. Sensibilisées par Lo Parvi à la richesse et à la fragilité de ce site exceptionnel, la société Vicat et la Municipalité de Creys-Mépieu, propriétaires des lieux, ont décidé en septembre 1999 de proposer au Préfet de l’Isère la création d’une Réserve Naturelle Volontaire.

Après instruction par les services de la Direction Départementale de l’Agriculture et de la Forêt, le projet a été présenté à la commission départementale des sites en janvier 2001. Cette dernière a émis un avis positif à l’unanimité et l’arrêté préfectoral portant création de la Réserve naturelle des étangs de Mépieu a été pris le 15 novembre 2001.

L’organisme gestionnaire de la réserve est l’Association Nature Nord-Isère « Lo Parvi ».

 

? Paysage

 La succession de milieux humides (étangs, tourbières) et de milieux secs (pelouses sèches, landes à Genévrier, formations à Buis) constitue un paysage typique de l'Isle Crémieu. La zone comporte quelques points panoramiques comme le promontoire de Potet (dénommée également « roche de Sormier ») duquel on a une très belle vue plongeante sur le « Grand Etang » et l’église de Mépieu. Un entretien de ce point paysager est à prévoir (étêtement des arbres gênants).

Le Grand Etang est longé au Nord par la route départementale D 16 (entre le village de Mépieu et le hameau de Faverges) qui offre un point de vue paysager sur cet étang (le plus grand du Nord-Isère).

En revanche, trois lignes électriques (basse et haute tension) surplombent le Grand Etang dans sa partie Nord dénaturant le caractère « sauvage » du site.

 

? Régime foncier

Deux propriétaires se partagent actuellement le site : la Société Vicat et la Commune de Creys-Mépieu. Pour des raisons techniques sur le terrain (topographie, chemin, etc.) certaines parcelles (86, 95, 83, 85, 112,115 et 137) ne sont pas incluses entièrement dans la Réserve Naturelle Volontaire. La carte ci-après reprend les limites de la réserve et les terrains des différents propriétaires.

 Carte n° 3 :  plan du cadastre

 


Environnement et patrimoine de la réserve 

 ? Critères qualitatifs d'évaluation du site :

La valeur patrimoniale du site se justifie par le biais de critères qualitatifs tels que :

 

   Þ    Rareté, originalité :

 L’originalité du site réside en la juxtaposition de milieux humides et de milieux secs complémentaires. Cette mosaïque de milieux est un élément fondamental expliquant l'intérêt du site.

Un des facteurs de cette diversité est l'eau : de son absence (pelouses sèches) à sa présence progressive (zones marécageuses puis étangs) ou variable (rives inondées temporairement), elle conditionne l’installation des espèces en fonction de leurs exigences (la Tortue Cistude qui vit dans les zones humides et se reproduit dans les pelouses sèches est une bonne illustration).

 

 Þ    Diversité, taille :

 Les milieux humides et les milieux secs qui caractérisent la zone étaient beaucoup plus répandus en Isle Crémieu au début du siècle. L'intensification de l'agriculture de ces 30 dernières années a entraîné une transformation d'un grand nombre de prairies en cultures (notamment de Maïs). Des marais et des prairies humides ont été drainés et mis en culture. La zone considérée, d’une surface totale de 80 ha 30 a 05 ca, est constituée par une importante mosaïque de milieux naturels abritant une diversité biologique exceptionnelle (709 espèces de vertébrés terrestres et de flore vasculaire ont été répertoriées).

Carte n° 4 : délimitation de la RNV  de Mépieu sur photographie aérienne.

 

 Þ    Fragilité, menace :

 Le patrimoine biologique des étangs de Mépieu est en grande partie l’héritage des pratiques rurales qui se sont succédées pendant des siècles. La principale menace du site semble être actuellement la fermeture des milieux (secs et humides), ainsi que la mauvaise gestion piscicole des étangs.

En effet, les pelouses sèches et les tourbières se boisent progressivement et perdent ainsi une partie de leur intérêt (botanique et faunistique). Quant à la pratique passée de la pêche sur les étangs, elle a posé des problèmes à des milieux fragiles comme les roselières résiduelles (piétinement), à entraîné un dérangement des espèces inféodées à ces milieux (Hérons, Cistude ...) et ne permettait pas la formation de vasières (niveaux d’eau en permanence au maximum).

 

 Þ    Relation et complémentarité avec d'autres milieux :

 Située non loin du Rhône, la zone de Mépieu est une composante importante dans le fonctionnement plus global des zones humides de la région. C'est un site d'alimentation pour des espèces de grand intérêt se reproduisant dans d'autres milieux du même type (Héron cendré, Aigrette garzette, Busard des roseaux ...). Il joue également un rôle comme halte migratoire pour les oiseaux.

Pour la majorité des mammifères, la réserve offre un habitat complémentaire aux milieux alentours.

Les zones humides de la réserve jouent également un rôle important pour la reproduction de différentes espèces d’amphibiens qui vivent dans les bocages et bois environnants le reste du temps.

Elle peut également accueillir des espèces (Cistude, oiseaux aquatiques, etc) dont l'habitat a  été (ou risque d’être)  modifié (facteurs naturels ou humains).

 

 Þ    Caractère naturel et capacité de fonctionnement autonome :

Les milieux composant le site ont presque toujours profité des actions de l'homme (entretien, pâturage, mise en place des étangs, ...). Du fait de ces actions plus ou moins directes, on ne peut pas dire que la zone soit un milieu naturel au sens strict du terme. Les capacités de fonctionnement autonome sont assez réduites et conduiraient rapidement à une banalisation de certains milieux (boisement) voire à leurs disparition (étangs artificiels), le plan de gestion devra mettre en place des actions régulières afin de préserver l’intérêt de la réserve (conservation de la juxtaposition de milieux secs et humides, ouverts et fermés).

 

 Þ    Valeur potentielle :

 C'est l'un des enjeux importants de la gestion du site. Il s'agit de faire évoluer des milieux dégradés ou en voie d'appauvrissement vers des milieux plus intéressants d’un point de vue patrimonial. Il ne s’agit pas de créer de nouveaux habitats qui n’auraient jamais existé dans la réserve, mais bien d’entretenir, de recréer et de valoriser des habitats « traditionnels » dans le but de maintenir la biodiversité.

 

 Þ    Intérêt pédagogique :

Le site présente toutes les étapes de l’évolution des zones humides, de l’étang au marais boisé. La mosaïque des milieux est un bon support pour la mise en place d'initiations à leur fonctionnement, aux actions nécessaires à la conservation de leurs richesses (gestion) et à la découverte des espèces qui y vivent.

  

Cependant il est primordial de laisser à la réserve son caractère « sauvage » et les aménagements pédagogiques devront être réduits au minimum et très localisés.

 

? Unités écologiques

 La zone de Mépieu est constituée de milieux secs et de milieux humides qui accueillent différentes espèces animales et végétales. Ces milieux sont également appelés « Habitats ».

Les 44 habitats identifiés ont été classés selon la nomenclature européenne Corine Biotopes.

L’annexe I de la Directive Habitats Faune et Flore répertorie les habitats naturels d’intérêt communautaire dont la conservation nécessite la désignation de zones spéciales de conservation.

Parmis ces habitats, 12 habitats sont d’intérêt communautaire dont 5 prioritaires (Directive européenne Habitats Faune et Flore)

Figure 5 : Superficie (en %) des grands types d’habitats de la réserve.

 

   ? Espèces de faune et flore

 La place de la zone de Mépieu dans un ensemble d'espaces protégés :

 

 Synthèse patrimoniale de la flore et de la faune de la réserve

 

 

 

 

   

Plantes vasculaires

 

 

Parmi les 511 espèces recensées, 41 espèces présentent un intérêt patrimonial  (23 sont protégées) :

-         2 sont protégées au niveau national,

 -         20 sont protégées en Rhône-Alpes,

 -         1 est protégée au niveau départemental par l’arrêté préfectoral régional,

 -          la cueillette est règlementée dans le département pour 3 espèces,

 -         15 espèces ne bénéficiant pas de mesure de protection sont inscrites sur la liste rouge des espèces rares et menacées du département de l’Isère,

 -         4 espèces figurent dans la liste rouge des espèces rares en France.

 

 

 

 

 

 

 

 

Faune

 

 

 

 

 Libellules

 

 

 

 

 

  

Amphibiens et Reptiles

 

 

Oiseaux

 

 

 

 

 

Mammifères

 

Parmi les 23 espèces de Libellules, 4 espèces figurant dans différentes listes rouges  ont été recensées:

  -         2 sont protégées à l’échelon national

 -         1 figure dans l’annexe 2 de la directive européenne Habitats Faune et Flore,

  Parmi les 19 espèces d’Amphibiens et de Reptiles recensées, 8 espèces présentent un intérêt patrimonial :

 -         2 sont inscrites sur la liste rouge des espèces rares dans le monde,

 -         1 figure dans l’annexe 2 de la directive européenne Habitats Faune et Flore,

 -         13 sont inscrites sur la liste rouge des espèces rares en France,

-         8 sont inscrites sur la liste rouge des espèces rares en Isère.

 Parmi les 146 espèces d’Oiseaux recensées, 18 espèces patrimoniales nicheuses sont présentes :

 -         9 sont inscrites dans l’annexe I de la Directive Oiseaux, 

-         4 sont inscrites sur la liste rouge des espèces rares et menacées en France,

 -         14 sont inscrites sur la liste rouge des espèces rares et menacées en Isère.

 Parmi les 33 espèces de mammifères recensées, 13 espèces présentent un intérêt patrimonial :

 -         9 sont inscrites sur la liste des espèces rares dans le monde,

 -         6 figurent dans l’annexe 2 de la directive européenne Habitats Faune et Flore,

 -         11 sont inscrites sur la liste des espèces rares en France,

 -         5 sont inscrites sur la liste des espèces rares en Isère.

 

     

 La richesse en espèces végétales et animales de la réserve justifie pleinement sa protection et la mise en place d’une gestion conservatoire.

Cette diversité s’exprime également à travers les 44 types d’habitats répertoriés.

  

? Environnement socio-économique :

 Quatre activités principales sont présentes sur le site ou à proximité immédiate :

 -         La chasse.

-         La pêche.

-         L’agriculture.

-         Les carrières.

 

La chasse :

 Riche en étangs, le site des étangs de Mépieu est intéressant pour la chasse au gibier d’eau, notamment pour les canards.

Sur les terrains appartenant à la commune, la chasse est gérée par l’Association Communale de Chasse Agréée (ACCA) de Mépieu. Les autres parcelles sont gérées par une chasse privée (indivision de la famille Richard).

Les chasseurs de l’ACCA, par leurs activités, contribuent à la gestion de la tourbière du Marterin., On peut voir en effet une série de travées, fauchées en fin d’été, sur la tourbière de l’étang Marterin.

Cette gestion, réalisée à une époque appropriée pour ne pas nuire à la faune et la flore, permet ainsi de diversifier les strates et les zones de refuge et donc d’accueillir de nombreuses espèces chassables (ce type de gestion est favorable à de nombreuses espèces de faune et de flore et limite l’enfrichement).

  

La pêche :

 Jusqu’en 1999, le Grand Etang, l’étang Barral et l’étang de la Fulye (= étang des petites feuilles), faisaient l’objet d’une pêche privée qui s’effectuait depuis les berges mais également en barque. L’étang du Marterin (communal) n’est pas pêché. Les pêcheurs pratiquaient principalement une pêche appelée «No kill», c’est à dire que les poissons étaient relâchés après la prise.

Le site de Mépieu (et notamment le Grand Etang) est un site majeur pour la pêche à la Carpe en France. C’est également sur cet étang qu’a été pêché un des plus gros Silures de France (90 Kg).

 

Cette activité que l’on pouvait qualifier d’« intensive » posait certains problèmes aux milieux et aux espèces. En effet, le niveau d’eau maintenu au maximum est à l’origine de la régression drastique des roselières. Par ailleurs de nombreux poissons exogènes ont été introduits (Carpe amour blanc, Silure, Black-bass). D’autre part, pour accéder au bord de l’eau, les pêcheurs étaient obligés de pénétrer dans les roselières et de dégager la végétation. Certains pêcheurs campaient plusieurs jours au bord de l’eau pour réaliser des « séjours de pêche ». Milieux fragiles, ces roselières étaient piétinées et souvent détruites, ce qui menaçait directement les espèces qui y vivaient (Rousserolles, Locustelles, Héron pourpré, Blongios nain, Tortue cistude…).

La pêche en barque au printemps, sans porter directement atteinte aux milieux, entraînait un dérangement important de la faune aquatique reproductrice (Canards, Hérons). La reproduction du Héron pourpré et du Blongios nain a été longtemps perturbée par la pêche (dérangement direct et destruction de roselière).

 

Afin de remédier à ces problèmes, l’arrêté de la réserve a prévu une limitation de la pêche dans le temps et dans l’espace.

 

En 2000, suite à l’interruption du contrat entre les pêcheurs et la famille Richard, les étangs n’ont pas été pêchés. Aujourd’hui, seule la succession Richard détient le droit de pêche sur l’étang Barral, l’étang de la Fulye et le Grand Etang.

 

Les effets se sont fait immédiatement ressentir : nidification réussie du Blongios nain et du Héron pourpré, redécouverte de la Laiche de Bohême et de l’Oseille maritime sur des zones autrefois fortement piétinées…

Une réflexion est en cours sur la gestion piscicole future de ces étangs (jours de pêche, limitation des prises, limitation du nombre de pêcheurs, accès, etc). Cette réflexion se traduira par un plan de gestion halieutique établi par la Fédération de Pêche de l’Isère.

  

L’agriculture :

 La commune de Creys-Mépieu loue les parcelles agricoles n° 86, 87, et 88 à Monsieur Cartelier, exploitant agricole domicilié à Bouvesse-Quirieu. Par ailleurs ce même exploitant cultive les parcelles agricoles n° 65, 112 et 115 appartenant à la société Vicat.

On peut distinguer deux grands types d’occupation du sol par l’agriculture :

 Ø      Les cultures : celles-ci sont composées essentiellement de céréales, lupin et de tournesol. Toutefois, ces cultures sont réalisées sur des parcelles de taille moyenne (4-6 ha), souvent entourées de haies. Les rendements de ces productions sont certainement plus faibles que dans les parcelles des fonds de vallée car la structure du sol est très caillouteuse.

 Ø      Les prairies et landes : dans cette zone, les prairies sont principalement des prairies dites « sèches » ou « pelouses sèches ». Ces prairies, autrefois entretenues par une activité pastorale, voient petit à petit leur surface diminuer, suite à l’abandon progressif de cette activité dans la région. Cet abandon se traduit par un boisement et une perte de la richesse spécifique de celles-ci. Une partie d’entre elles a été labourée et transformée en cultures (jachères).

 

En accord avec la famille Richard (accord poursuivi par la société Vicat), M. Patrice Mayen et M. Jean François Arnaud, exploitants agricoles de Creys-Mépieu, installent des pompes (débit 120 mètres cubes / heure) sur le Grand Etang de Mépieu pour irriguer certaines de leurs parcelles situées au nord-ouest de la Réserve Naturelle.

Ce pompage est déclaré à la Direction Départementale de l’Agriculture et de la Forêt. Un compteur d’eau a été mis en place en 2001. Le volume utilisé en 2001 correspond à 7680 mètres cubes prélevés en juillet en 2 périodes de 32 heures (10 et 11 juillet et 25 et 26 juillet). L’impact du pompage est considéré comme insignifiant (la hauteur d’eau baisse de 2,62 centimètres environ) sur l’écologie de l’étang.

  

 Les carrières :

 Le substrat géologique de l’Isle Crémieu est très riche en calcaire. La présence de ce matériau a attiré depuis longtemps des entreprises (cimenteries, chaux et pierres marbrières) dans la région. Arrivant au terme d’une de ses phases d’exploitation, la société Vicat (cimenterie) désire étendre son domaine d’extraction de matériaux. Le projet d’extension (non définitif à ce jour) concerne la zone à l’ouest et au sud des  « étangs de Mépieu ». Le projet de création de la carrière prévoit de laisser une zone tampon entre les étangs et la crête de l’exploitation. Une attention particulière devra être portée sur les impacts que pourraient générer cette activité (modification des bassins versants, continuités écologiques, tirs de mine, poussières, etc) et sur les réaménagements à visée « écologique » prévus après exploitation.

  

Exploitation forestière :

D’après le contrat de vente effectué avec la société Vicat, les anciens propriétaires (indivision de la famille Richard et Emile Hanni) conservent la possibilité de faire des coupes de bois.

Les boisements dans la réserve sont essentiellement traités en taillis sous futaie (chênaie-charmaie).

  

 

 Objectifs à long terme

 

Le principal objectif à long terme est de conserver et de restaurer la mosaïque d'habitats, élément caractéristique de l'Isle Crémieu, facteur de diversité et donc de richesse faunistique et floristique. Il est également nécessaire d’assurer le maintien de corridors biologiques entre les différents milieux pour que la RNV ne soit pas « isolée ».

 

? Objectifs à long terme relatifs à la conservation du patrimoine naturel :

 

Garantir la tranquillité du site pour assurer la reproduction et le repos des espèces (avifaune, mammifères, Cistude)

·        mise en place d’une réglementation (arrêté préfectoral),

·        mise en place de la signalétique (charte signalétique de Réserves Naturelles de France),

·        surveillance du site avec des gardes assermentés et travail avec les agents de l’administration (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage, Conseil Supérieur de la Pêche, Office National des Forêts, Gendarmerie).

 

Maintenir en bon état de conservation, restaurer ou créer les habitats naturels nécessaires au développement des espèces patrimoniales :

Þ    Milieux humides :

Les étangs :

·        conserver et développer les différentes zones de végétation, facteur de diversité,

·        assurer la complémentarité avec le milieu fluvial et les autres zones humides du plateau.

·        Remettre en eau le Petit Etang.

Marais et tourbières :

·        bloquer la dynamique végétale pour maintenir et favoriser l'installation d'espèces patrimoniales sur le Marterin,

·        permettre la connexion entre les milieux humides et les milieux secs,

·        renaturer l’étang de la Fulye en gérant le système d’écoulement d’eau.

 Þ    Milieux secs :

Pelouses et landes sèches :

·        réouvrir et entretenir les pelouses qui se boisent (broyage et pâturage).

Friches et cultures :

·        restaurer des prairies et entretenir par fauche ou  pâturage extensif,

·        favoriser le retour d'une végétation naturelle.

 Boisements, haies :

·        conserver les boisements existants, laisser vieillir des îlots de boisement pour augmenter leur intérêt biologique,

·        conserver et entretenir les linéaires de haies existants.

  

? Objectifs à long terme relatifs à la recherche :

 Mieux comprendre le fonctionnement du site et l’impact des travaux de restauration et de gestion :

·        réaliser des suivis écologiques,

·        réaliser des inventaires sur des groupes insuffisamment connus.

  

? Objectifs à long terme relatifs à l’accueil du public :

 Développer une activité pédagogique :

·        réaliser des animations à thème pour le public scolaire,

·        accueillir le grand public avec accompagnateur agréé et à des périodes définies,

·        créer un itinéraire de découverte,

·        créer un document de présentation du site.